Le comportement verbal

VB signifie Verbal Behavior. C'est le comportement verbal.
L'ABA VB s'inspire de la théorie du comportement verbal publiée en 1957 par B.F. Skinner.

Pour enseigner le langage à l'enfant, on s'intéresse à la fonction des mots. Le même mot peut avoir plusieurs fonctions suivant le contexte dans lequel on l'utilise.

La fonction des mots :

En ABA VB on distingue trois contextes différents pour l'utilisation d'un mot :

  • Un mot peut servir à demander.
    Je voudrais un ballon : je demande « Ballon »
  • Le même mot peur servir à nommer, à désigner.
    J'aperçois un ballon : je le nomme en disant « Ballon »
  • Le même mot peut servir dans une conversation.
    On me demande « Quel est ton jeu préféré ? ». Je réponds « Ballon »

Pourquoi enseigner les demandes en premier ?

C'est par les demandes qu'un enfant entre dans la communication. C'est pour cette raison qu'un programme ABA VB commence toujours par l'enseignement des demandes.

Les demandes s'appuient sur la motivation de l'enfant. Un enfant demande quelque chose parce qu'il en a envie. Il est donc prêt à faire un effort pour communiquer.

Cet apprentissage peut se faire en toutes occasions de la journée et se prête très bien à un enseignement dans l'environnement naturel.

Apprendre à l'enfant à nommer :

Dans le comportement verbal, l'action de nommer s'appelle le tact.

En nommant, un enfant réagit à son environnement, qu'il soit visuel, sonore ou physique :
« Voiture ! », « Le chat ! », « C'est chaud ! »

Dès qu'un enfant a acquis un bon répertoire de demandes, on aborde le travail du tact.
Celui-ci se fait en posant à l'enfant la question « Qu'est-ce-que c'est ? », et en lui montrant un objet et une image. L'enfant réagit en nommant l'objet par une parole ou par un signe.

Le travail du tact se fait aussi bien à la table que dans l'environnement naturel.

Enseigner les compétences conversationnelles :

Dès que l'enfant a un répertoire de 300 mots sous forme de demandes ou de tact, il devient possible de l'entraîner à la conversion. C'est une étape décisive dans le développement des compétences sociales de l'enfant.

Voici deux techniques utilisées pour enseigner la conversation à un enfant :

  • Les phrases à trous
  • Les jeux de questions-réponses

L'environnement naturel est idéal pour ce travail.

Les phrases à trous :

L'adulte commence une phrase, s'arrête avant un mot que l'enfant connaît, et l'enfant doit répondre en complétant la phrase.
Par exemple l'adulte dit « Le chat dort dans un... » et l'enfant répond « Panier ».
Les comptines et les chansons se prêtent bien aux phrases à trous.

Au début, l'enfant ne sait pas spontanément compléter la phrase à trou, bien qu'il connaisse le mot. Si l'enfant sait nommer, on peut aider l'enfant en réalisant un transfert de compétence.
« Le chat dort dans un... » L'enfant ne sait pas répondre.
« Qu'est-ce-que c'est ? » et on montre le panier. L'enfant répond : « Panier »
« Le chat dort dans un... » L'enfant : « Panier »

La compétence ne sera acquise que lorsque l'enfant saura compléter la phrase sans passer par « Qu'est-ce-que c'est ? »
Il est indispensable de généraliser en multipliant les exemples.

Jeux de questions-réponses :

On choisit généralement un thème que l'enfant connaît bien, par exemple le jardin.
« Avec quoi donne-t-on à boire aux fleurs ? » L'enfant : « Arrosoir »
« Avec quoi on creuse un trou ? » L'enfant : « Une pelle »

Au début, l'enfant ne sait pas répondre spontanément à la question, bien qu'il connaisse le mot. Si l'enfant sait compléter la phrase à trou, on peut aider l'enfant à acquérir la capacité à répondre en faisant à nouveau un transfert de compétence.
« Dans quoi dort le chat ? » L'enfant ne sait pas répondre.
« Le chat dort dans un... » L'enfant : « Panier »
« Dans quoi dort le chat ? » L'enfant : « Panier »
L'enfant apprend ainsi à répondre à une question. Pour que cela se traduise en compétence conversationnelle, il est essentiel de généraliser en multipliant les exemples.